samedi 25 juillet 2026

Richard Cole

Richard Cole est né dans une banlieue du Nord de Londres, Kensal Rise, en septembre 1946 d'un père architecte travaillant sur les design de la voiture Rolls-Royce, et aussi sur les design d'avions pendant la Seconde Guerre Mondiale. Maman est mère au foyer. Quand Richard a 12 ans, il découvre Elvis Presley et les Everly Brothers et sa vie change. Il quitte l'école dès ses 15 ans pour travailler à temps plein dans une usine de produits laitiers. Il amasse les sous afin de s'acheter un kit de batterie. Ce qu'il fera en pratiquant écoutant Buddy Rich et Gene Kupra et tentant de les imiter. 

Peu payé, il doit combiner deux emplois, travailleur dans une usine de production de feuilles de métal et travaillant dans la construction. Ces emplois lui inculquent la résistance à la dureté physique et lui développe une attitude tranchante. Il se découvre très intéressé par le monde la mode. Au point de penser devenir designer de mode lui-même. Il dira avoir contribué à ce que portaient Ringo Starr et John Lennon, ainsi que d'avoir participé au design de Klaus Voorman pour la pochette des Beatles, Revolver, en 1965.

C'est cette année-là, à 19 ans, que Cole fait la rencontre de Richard Green, journaliste du Record Mirror au Marquee Club. Ce dernier lui fait rencontrer John Barker, gérant du band Unit 4 +2. Pour un potentiel poste de gérant de tournée. Barker l'engage et il fait tout de suite un travail remarquable. Il est si impressionnant dans sa débrouillardise que la même année, il est gérant de tournée pour la formation The Who. Et l'année suivante pour The New Vaudeville Band. Pour The Who, il facilite les rencontres avec les groupies, ce qui le rend très populaire auprès du band et de l'industrie. Toujours pour The Who, il sera chauffeur pour Keith Moon et John Entwistle jusqu'à ce que son permis soit révoqué pour multiples excès de vitesse. 

En 1967, il voit grand et déménage aux États-Unis,

Il y travaille pour Vanilla Fudge comme ingénieur musical. Cole est l'un des premiers Anglais à organiser des tournées aux États-Unis avec succès, et ça se remarque partout. Il se fait vite un nom. Au lieu de se rendre aux États-Unis et de prendre les équipes de là-bas, il forme ses gens chez lui, en Angleterre, et les importe avec lui aux États-Unis où ils sont si professionnels et déjà bien organisés ensemble. Ils opèrent très efficacement. Plus souvent, il importe seulement l'équipement des groupes et forment les équipes des États-Unis sur l'équipement des bands. À la satisfaction de groupes qui retrouvent le son qu'ils connaissent avec leur matériel. C'est bienvenue par les bands, mais pas tout le temps par les syndicats de travailleurs aux États-Unis, Qui reconnaissent quand même son ingéniosité. Pas surprenant que les États-Unis lui soient en même temps, tombés dans l'oeil, on reconnait vite son habileté dans la gestion des tournées. Quand il entend que les Yardbirds prévoient venir faire des spectacles aux États-Unis, il entre en contact avec leur gérant, Peter Grant. Qu'il avait croisé auparavant comme gérant du New Vaudeville Band. 

Ce dernier l'invite à joindre son équipe. Grant l'engage en lui apprenant sa philosophie du "no-nonsense" agressif. Il lui fait comprendre que le mot "can't"  (ne peut pas) ne fait pas partie du vocabulaire de l'entourage. 

Deux taureaux qui se reconnaissent.

De mars 1968 à juillet de la même année, Cole est le gérant de tournée de la dernière tournée des Yardbirds, aux États-Unis. Il se lie vite d'amitié avec l'as guitariste Jimmy Page. Pendant cet été, les Yardbirds se séparent. Le chanteur Keith Relf et la batteur Jim McCarty veulent présenter du matériel plus folk, plus près du style des Byrds, tandis que Jimmy Page cherche à créer plus rock et plus lourd. Malgré les fractures internes, on fera la tournée au complet, mais à la fin. on est plus un band. 

Cette tournée est un véritable laboratoire d'expériences de Page sur scène qui seront des esquisses de matériel pour son futur band. Page joue de l'arche de violon sur ses guitares pour les premières fois. Il fait aussi sa version retravaillée de Dazed & Confused de Jake Holmes pour la première fois. Une première version de Tangerine est aussi présentée sur scène. C'est un habitude de Page d'utilise la scène comme laboratoire. Parfois trop souvent. Égarant les repères de ses acolytes.

Page cherche tout de suite à reformer un nouveau band. Grant restera son gérant. Et ce dernier réengage tout de suite Cole pour en faire son directeur des opérations des affaires du groupe qui n'a pas encore de nom. 

On parle des New Yardbirds. Mais on a seulement Jimmy Page comme membre.  

Après le concert d'adieu des Yardbirds, le 7 juillet 1968, en Angleterre, Grant et Cole se retrouvent face à un défi de taille. Chris Dreja, bassiste, hésite encore à poursuivre sa carrière musicale. L'horloge tourne. Grant a déjà validé une série de contrats lucratifs pour une tournée scandinave prévue à l'automne 1968. Pour honorer ses engagements et éviter des poursuites financières désastreuses, le trio Grant/Page/Cole doit impérativement maintenir le nom Yardbirds en vie.  Ils seront les New Yardbirds. Chris Dreja prendra leur première photo de groupe. Qui n'aura pas le même nom. 

Il est temps de reconstruire autour de la guitare de Jimmy Page. C'est dans ce climat de haute tension que l'appel de John Paul Jones est vite bien accueilli pour qu'il soit bassiste auprès de Page. La méthode Grant/Cole prend tout son sens quand Grant verrouille tous les aspects légaux et financiers à Londres, tandis que Cole utilise son réseau aux États-Unis et en Europe pour préparer la logistique d'un groupe qui n'existe pas encore. 


Les deux hommes forment un rempart managérial inédit dans l'histoire du rock, protégeant Page des distractions extérieures. Libéré des contingences matérielles par la redoutable efficacité de Cole, le guitariste peut s'enfermer dans son studio de Pangbourne pour peaufiner ses arrangements et définir l'esthétique sonore lourde et saturée qui s'apprête à redéfinir la musique moderne. 

Reste à trouver un chanteur, et on le trouve, un jeune blondinet, ancien chanteur de la formation Band of Joy. Et ce dernier propose son ami John pour la batterie. Avec lequel il a déjà bossé par le passé. Mais surtout, qui est aussi archi doué.

Et un maudit bon buddy.

Ce que Grant et Cole sont sur le point de découvrir à leur tour. 

samedi 18 juillet 2026

John Baldwin

John est né à Sidcup, alors banlieue de Kent, le 3 janvier 1946, en Angleterre en reconstruction post Seconde Guerre Mondiale. Il commence à jouer au piano dès ses 6 ans. Apprenant de son propre père, Joe, pianiste et arrangeur pour les big bands des années 40 et 50. Notamment Ambrose & His Orchestra. Maman est aussi dans l'industrie de la musique alors John nage dans les harmonies musicales. On fait même partie de tournées de vaudeville, y faisant des numéros musicaux comiques. On s'inspire du blues de Big Bill Broonzy et du jazz de Charles Mingus. Mais on ne néglige pas non plus les adaptations au piano qu'il fait de Sergei Rachmaninov. Très tôt, il est exposé à plusieurs styles de musique qui ne font qu'ouvrir ses paysages créatifs mentaux. Comme ses parents sont souvent en tournée, il est envoyé en pensionnat à l'école. 

Où il ne lâchera aucunement la msuique.

Il y étudiera formellement celle-ci, puisque élevé dedans. À 14 ans, il devient même le chef de la chorale. Et l'organiste de l'église locale. Il achète à 15 ans sa première guitare, une Dallas Tuxedo électrique. Puis l'échange quelques années afin d'obtenir une basse Fender Jazz à 16 ans. Il gardera la même jusqu'à ses 30 ans. Il dira avoir été inspiré de devenir bassiste après avoir entendu Phil Upchurch, musicien de Chicago sur un de ses morceaux, briller à l'instrument. Adolescent, il joint le band The Deltas. Puis The Jet Blacks, un band de jeunes de Londres qui comprend entre autre l'as guitariste John McLaughlin

C'est aussi adolescent, à 17 ans, qu'il est alors recruté pour accompagner Jet Harris, en studio. Et Tony Meehan et son groupe The Shadows. Jusqu'à ses 19 ans. Tout juste avant qu'il ne se joigne à eux, The Shadows a un succès important sur lequel joue aussi un autre ado, aussi musicien de sesssion. Du nom de Jimmy Page. En octobre 1963, le bassiste des Shadows Brian Locking quitte le band. On discute de la possibilité de le remplacer par John, mais finalement on choisira John Rostill à la place. 

En juin 1964, étant enregistré sur un premier single instrumental signé Lee Hazlewood, il choisit de changer de nom quand Andrew Loog Oldham, qui produit le morceau, lui fait remarquer que Baldwin n'a pas grande envergure. Il choisit donc le mien  JONES. C'est Oldham qui lui suggère en regardant l'affiche du film John Paul Jones sur le mur, film racontant la vie d'un éminent révolutionnaire Étatsunien, héros de la marine. John Paul Jones

À 18 ans, il est musicien de session pour Decca Records. Capable de jouer des guitares et des claviers. Jusqu'en 1968, il sera de centaines d'enregistrements entre 1962 et 1968. Il sera de I'm Into Something Good d'Herman's Hermits. Studieux, il se développe des talents d'arrangeurs. Qu'il fera entre autres, aux cordes, sur un morceau des Rolling Stones, en mai 1967.  Il produira un album d'Herman's Hermits. Une trame sonore. Il fera les arrangements pour un morceau important d'un jeune Cat Stevens. Travaille pour Françoise Hardy et fait des sessions avec Nico pour son premier album solo. Mickie Most, producteur, est si impressionné par son travail avec Donovan, qu'il se réserve John pour lui tout seul sur certains projets. Il retravaillera avec Donovan, satisfait aussi. Il travaille avec Jeff Beck, où il croise à nouveau Jimmy Page. Retravaille avec Cat Stevems. Sera d'un album de Beck, avec Rod Stewart à la voix. Il travaille pour Lulu et pour Tom Jones, deux fois, et The Walker Brothers. Terry Reid et Wayne Fontana. Ironiquement Jimmy Page avait aussi joué sur un morceau de Tom Jones, en 1964

Il travaille avec Rod Stewart, Shirley Bassey, avec Dusty Sprinfield qu'il accompagne aussi en tournée, à la basse. Quand il enregistre à Abbey Road, pour le film de James Bond, pour Shirley Bassey. s'y trouve aussi Jimmy Page, encore, qui fait de la guitare acoustique pour John Barry, responsable de la trame sonore du film. Il travaille tant, et sur tant de projets qu'il ne se rappelle pas tout. Mais Jimmy Page, qui n'a que 2 ans de plus que lui, a aussi le même type de d'horaire. Un autre point en commun entre les deux. 

On se croise partout, surtout en studio. Alors quand Jeff Beck et Jimmy Page pensent monter leur supergroupe avec Keith Moon à la batterie, et que John Entwistle, reste fidèle à The Who, John Paul Jones, un homme discret, s'impose quand même naturellement à la base. Jones a participé à l'album Litttle Games des Yardbirds. Il est donc aussi entré en contact avec Peter Grant, leur nouveau gérant. Grant est tout ce qu'il y a de plus bulldog, là où Jones est plus tranquille. Professionnalisme et discrétaion totale. Studieux. Grant est plus rustre. Brouillon. Agressif. Imposant. 

Jimmy Page reconnait vite le génie musical de celui qu'il croise partout. Quand Page veut monter son groupe, il se cherche un arrangeur et travaille alors sur l'album de Donovan, sur lequel Jones est en train de justement travailler. Les deux, encore coincés dans le même studio s'entendent. 

Ne serais-ce que pour se sortir du train d'enfer qu'ils mènent les amenant près de l'épuisement professionnel.   

The New Yardbirds. On doit aller en Scandinavie sous ce nom. C'était un engagement qu'on avait avec Grant. Mais on a plus de chanteur ni de batteur. Jones suggère Terry Reid pour la voix. Qui lui, suggère à la place le chanteur de la formation Band Of Joy. Un ado de 19 ans aux cheveux bouclés. Mais à la puissance vocale étonnante. 

Personne ne se doute encore que Jones & Page échangent un style de vie effréné...pour un autre...

Mais cette fois, ce qu'il croient être une porte de sortie vers plus de liberté va se transformer en un tourbillon planétaire sans précédent. En acceptant de suivre Page, le tranquille et sage John Paul Jones ne quitte pas le surmenage ; il entre dans la légende. L'adolescent de Sidcup qui traduisait Rachmaninov au piano et qui courait d'un studio à l'autre pour Shirley Bassey ou Tom Jones, est désormais mûr. 

La machine est en place, les visages changent, et les New Yardbirds ont deux nouveau poilus pour les accompagner en Scandinavie. 
Ils s'apprêtent à réécrire l'histoire du rock sous un nom qui fera trembler les tympans du monde entier.

On répète ensemble seulement deux semaines, avant le décollage d'un Zeppelin hors de l'ordinaire. 

samedi 11 juillet 2026

Peter Grant

Né dans la banlieue de South Norwood dans le South London, en 1935, Peter est élevé par sa mère, ne sachant rien de son père, qui serait probablement un soldat Canadien de passage en Angleterre. Qui ne savait peut-être pas qu'il était père. Peter aura une nature de "protecteur" toute sa vie. Il est grand, et fils unique, il ne se fait jamais dire non à table, il est donc aussi physiquement imposant de surpoids. 

Il débute son école primaire, mais sa graduation doit avoir lieue pendant la Guerre, où l'Angleterre doit cesser toute activité autre que l'effort de guerre ou sinon, évacuée. À 13 ans, il en reviendra jamais à l'école. Il se déniche un emploi dans une usine de plaque de métal, puis assez rapidement, devient coursier de photos pour l'agence Reuters. Il se découvre attiré par le milieu du divertissement.  Il travaille comme aide au théâtre du Croydon Empire Theater, jusqu'à ses 18 ans, où il est alors appelé à faire son obligatoire service militaire, et atteindra le rang de Caporal, avant d'être démobilisé.      

Il travaille alors brièvement comme agent de divertissement dans un hôtel de Jersey, toujours en Angleterre, et vu ses 6'5 et ses 300 livres est alors en engagé comme portier au 2i's Coffee Bar où s'y produisent alors, Cliff Richards, Adam Faith, Tommy Steele et toute sortes d'artistes musicaux qui lui donnent l'envie de la musique et de la scène. Le co-propriétaire du bar est le lutteur Paul Lincon. Il trouve Grant coloré et, impressionné par son format, lui recommande son univers. Grant deviendra Count Massimo dans le monde la lutte et parfois Count Bruno Alassio de Milan. Ça le transforme en acteur.

Robert Morley
Il est engagé par les studios, entre 1958 et 1963. A Night To Remember, un membre d'équipage du Titanic. Joue dans The Guns of Navaronne, et un garde du palais dans Cleopatra. Il fait aussi de la télévision, jamais le rôle principal, mais accumule de précieux sous au travail. Il sera le double de l'acteur Robert Morley pendant un temps. Il a le sens des affaires et investit dans le transports pour les artistes. Les rôles devenant plus rare, il devient le moyen de transport pour le groupe de musique, The Shadows

À 28 ans, il est engagé par l'investisseur, agent et gérant de tournée, Don Arden, qui lui confie de la gérance de tournée pour Bo Diddley, The Everly Brothers, Little Richard, Brian Hyland, Chuck Berry, Gene Vincent ou The Animals. À 29 ans, il commence à être lui même gérant de bands, The Nashville Teens, She Trinity, un band exclusivement composé de femmes, The New Vaudeville Band, The Jeff Beck Group, Terry Reid, Stone the Crows

Jimmy Page est alors bassiste pour les Yardbirds, mais tout le monde sait qu'il est excellent guitariste. Page accepte de jouer de la basse le temps que la guitariste Chris Dreja apprenne à en jouer et lui cède sa place. Jeff Beck est l'autre guitariste. Beck et Page sont très amis. Quand Beck tombe malade, en tournée, Dreja passe à la base, et Page prend le rôle d'unique guitariste alors. Il est évident qu'il gardera ce rôle. Il est très habile. Pendant un temps, Beck et Page sont un redoutable tandem de guitares pour les Yardbirds. On compose même un morceau à trois, avec un certain John Paul Jones à la place de Chris Dreja, à la basse. L'autre face est  un morceau gardant la combinaison de Beck à la voix et à la guitare et Page à la basse

Michelangelo Antonioni les engage pour une scène de son chef d'oeuvre Blow Up. Ils ont la scène parce que The Who et The Velvet Underground manquent de flair et refuse le faire quand le grand Michelangelo leur demande. Antonioni demande à Beck de détruire sa guitare comme l'aurait fait Townshend à la fin du morceau. Trop amoureux des guitares, Beck détruira la plus cheap des Höfner. Peu de Beck/Page sera enregistré, sinon un jingle pour une publicité télé. Et Beck's Bolero.

C'est par Jeff Beck, et le gérant des Yardbirds Simon Napier-Bell, que Peter Grant se fait offrit le poste de gérant du groupe à sa place. Ils ne font jamais d'argent et Napier-Bell en a assez. Grant arrive trop tard pour garder le band unifié, mais lui servira beaucoup. Les Yardbirds n'ont pas de hits, mais jouent beaucoup sur les circuits collégiaux, et dans les milieux underground aux États-Unis. Il les programme au Fillmore de San Francisco et c'est un des premiers bands britannique à y jouer. 

Et soudainement...ils font de l'argent...

Grant n'accepte aucune bullshit. Est très direct. Et intimidant. Vous revirera verbalement comme une crêpe, si il sent que vous ne jouez pas franc jeu avec lui. Grant de vise désormais aucunement le top 40 et des singles, mais l'argent à faire, en tournée. Il s'assure, en tournée, que tous les coûts sont tenus à un minimum, et que tous les membres soient payés à temps. Il s'assure aussi que les artistes gardent le contrôle artistique de leur créations. Contrairement aux autres agents qui restaient loin des spectacles, Grant y est partout impliqué. Il tient toutes le ficelles, et l'artiste est la saint-graal. 

Un nouveau style de gérance se dessine. Et un homme aux allures d'ogre s'impose. 

À l'été 1968 les Yardbirds se séparent. Mais ils ont des engagements en Europe que Grant leur avait programmé. Il était entendu qu'ils jouent quelques spectacles, en Scandinavie. 

Jimmy recrute un ami qu'il côtoie depuis un temps en studio pour la base, il demande à Terry Reid d'être le chanteur. Ce dernier refuse. Mais propose à Grant d'aller voir le chanteur du groupe The Band of Joy. Ce dernier, lui parlera de son ami batteur de ses 2 derniers bands, dont Band of Joy, et on a un groupe pour faire la tournée en Scandinavie tel que par Peter Grant, promis.

Avec seulement 15 heures de pratiques ensemble, on est The New Yardbirds. En Scandinavie. Chris Dreja devait à l'origine rester à la basse, mais choisit de céder sa place, pour se consacrer à une nouvelle passion: La photographie.

C'est d'ailleurs lui qui va prendre la première photo du band pour le derrière de leur premier album.

Qui ne sera PAS sous le nom de The New Yardbirds. 

Entretemps, 4 jeunes hommes de 24 (JP), 22 (JPJ), 20 (JB) et 19 (RP) se sont trouvés.

Par Grant et Page, on a l'impression de tricoter du colossal ensemble.

Et on ne se trompe pas.  

Grant est au seuil d'un grand tremplin.

Et ne fera pas de flat. 

Prépare ce qu'il projette: de l'imposant.               

samedi 4 juillet 2026

James Patrick Page

Né d'un père gérant d'usine de plastique et d'une mère secrétaire de médecin d'origine irlandaise (no wonder Led reached me, early) en janvier 1944, dans l'Ouest de Londres, une banlieue nommée Heston, la famille déménage quand il a 8 ans à Feltham, puis la même année, à Epsom, dans le comté de Surrey. À la maison de Miles Road où la famille emménage, on y trouve une guitare espagnole qui y était déjà ou qu'un ami de la famille aurait oublié et à 9 ans, il s'apprend peu à peu à la gratter. 

Il suivra des cours, mais ça l'ennuiera vite. Il préfère se l'apprendre par lui-même, en écoutant la radio et ses artistes préférés. Scotty Moore et James Burton. S'achète une Futurama Grazioso, bientôt remplacée par une Fender Telecaster quand il découvre Buddy Holly, en jouer. Il joue alors Elmore James, B.B.King, Otis Rush, Buddy Guy, Freddie King, Hubert Sumlin. Rock & Blues. Ça lui collera dans l'ADN.

Il joue de la guitare en moyenne 6 à 7 heures par jour, et la traine partout. Se la fait confisquer à l'école, la reprend en fin de journée, la ramène le lendemain, et ainsi de suite.  

À 13-14 ans, avec des amis, il apparait à la télévision pour un concours de groupe où il admet vouloir peut-être un jour devenir chercheur d'un remède contre le Cancer, si ce n'est pas déjà trouvé. Jimmy a d'excellentes notes scolaires, il pourrait être poussé vers cette voie. Il se joint à des petits bands d'ados qui jouent Jerry Lee Lewis ou Chuck Berry. Il joue aussi dans un band qui deviendra Johnny Kidd & The Pirates (mais sans lui).

Il est si bon à l'école qu'on veut en faire un assistant en laboratoire à 15 ans. Mais au grand dam de sa directrice d'école, il choisit au contraire de tout plaquer et de continuer à jouer dans des groupes de gens de son âge. Ou de gens un peu plus vieux comme le poète Beat Royston Ellis.  Le chanteur Neil Christian découvre son talent et l'engage. Commence une carrière de musicien de session qui lui fait gagner amplement son pari d'avoir lâché l'école. Et de l'argent, adolescent. 

Il joue souvent au Marquee Club au sein du Cyril Davies' All Stars ou du Alexis Korner Blues Incorporated où joue aussi à ses côtés Jeff Beck et Eric Clapton, qui deviennent de bons amis. Il est engagé par Brian Howard & The Silhouettes, Jet Harris et Tony Meehan, Carter-Lewis and the Southerners, Mike Hurst & The Method, Mickey Finn and The Blue Men. On l'appelle Lil' Jim Pea pour ne pas le confondre avec Big Jim Sullivan, un autre musicien de session régulièrement engagé. Il est parfois engagé simplement par "assurance" des fois qu'on ait besoin de seconde guitare, de mieux que ce qui est offert, ou de quoi que soit à 6 et même 12 cordes. Jimmy se débrouille avec tout. Il travaille jusqu'à 6 jours par semaine et parfois pour trois artistes différents par jour. 

Il participe à 3 morceaux du premier album de The Kinks et aux premières versions de I Can't Explain de The Who. Mais Townshend ne tient pas à être surclassé par son talent, ne gardera pas sa partition. Mais Page a le temps de participer à un autre morceau de The Who. Se lie d'amitié avec Keith Moon et John Entwistle. À 20-21 ans, il participe au As Tears Go By de Marianne Faithfull, aux premières versions de Heart of Stone, des Rolling Stones, à 3 morceaux de Van Morrison & Them, et à des morceaux de Jonathan King, Dave Berry, deux fois, Brenda Lee, Shirley Bassey pour James Bond, notre Petula Clark. Il jouera de la guitare sur la trame sonore du film A Hard Day's Night, des Beatles. 

Andrew Looh Oldham, alors gérant des Rolling Stones, lance Immediate Records et engage Page pour  y jouer quand ça lui plait, ou produire si il le sent aussi. John Mayall, Nico, Chris Farlowe, Twice As Much, ses amis Clapton et Beck. Jimmy produit un premier hit pour Dana Gillespie. Il forme une alliance amoureuse et créative avec Jackie DeShannon. Joue sur un album de John Williams (non pas lui) avec Big Jim Sullivan. Est musicien de session pour Donovan, Engelbert Humperdinck, Johnny Hallyday pour deux albums, Al Stewart, 5 morceaux du premier album de Joe Cocker

Depuis 1970, Jimmy a joué sur 10 morceaux de son ami Roy Harper pour autour de 81 minutes de musique. Il joue tous les styles. absolument tous les styles. Il joue parfois avec ses amis Beck & Clapton. Avec Beck sous la direction de Michelangelo Antonioni

Il est approché pour peut-être remplacer Clapton qui voudrait quitter, au sein des Yardbirds. Page refuse par honnêteté pour son ami et ne voulant pas quitter son payant emploi de musicien de session. Il leur propose Beck. Qui fera l'affaire. Page n'est pas certain non plus que sa santé suivrait en tournée. Lui qui passe de mononucléose en mononucléose. 

Il y a 60 ans cette année, Keith Moon, John Paul Jones à la base, Nicky Hopkins aux claviers, Beck et Page enregistrent ensemble un morceau que Beck fignolait toujours un peu plus, jour après jour

Ça donne l'idée à Page de former un supergroupe. Avec Entwistle à la base et Moon à la batterie. Il ne leur manquerait que le chanteur. 

On ne trouve tellement pas de chanteur, qu'Entwistle dit que le projet lève comme un ballon de plomb.

Keith Moon (qui rend les autres sourds) a entendu. 

Ça lui donne une idée de nom de band.

Lead Zeppelin (Dirigeable de Plomb)

Jimmy n'a pas dit son dernier mot pour se partir un band.  

I

Si Led Zeppelin choisit de signer avec Atlantic au lieu de Columbia, c'est parce que cette étiquette a sous contrat des artistes qu'...