Peu payé, il doit combiner deux emplois, travailleur dans une usine de production de feuilles de métal et travaillant dans la construction. Ces emplois lui inculquent la résistance à la dureté physique et lui développe une attitude tranchante. Il se découvre très intéressé par le monde la mode. Au point de penser devenir designer de mode lui-même. Il dira avoir contribué à ce que portaient Ringo Starr et John Lennon, ainsi que d'avoir participé au design de Klaus Voorman pour la pochette des Beatles, Revolver, en 1965.
C'est cette année-là, à 19 ans, que Cole fait la rencontre de Richard Green, journaliste du Record Mirror au Marquee Club. Ce dernier lui fait rencontrer John Barker, gérant du band Unit 4 +2. Pour un potentiel poste de gérant de tournée. Barker l'engage et il fait tout de suite un travail remarquable. Il est si impressionnant dans sa débrouillardise que la même année, il est gérant de tournée pour la formation The Who. Et l'année suivante pour The New Vaudeville Band. Pour The Who, il facilite les rencontres avec les groupies, ce qui le rend très populaire auprès du band et de l'industrie. Toujours pour The Who, il sera chauffeur pour Keith Moon et John Entwistle jusqu'à ce que son permis soit révoqué pour multiples excès de vitesse.
En 1967, il voit grand et déménage aux États-Unis,
Il y travaille pour Vanilla Fudge comme ingénieur musical. Cole est l'un des premiers Anglais à organiser des tournées aux États-Unis avec succès, et ça se remarque partout. Il se fait vite un nom. Au lieu de se rendre aux États-Unis et de prendre les équipes de là-bas, il forme ses gens chez lui, en Angleterre, et les importe avec lui aux États-Unis où ils sont si professionnels et déjà bien organisés ensemble. Ils opèrent très efficacement. Plus souvent, il importe seulement l'équipement des groupes et forment les équipes des États-Unis sur l'équipement des bands. À la satisfaction de groupes qui retrouvent le son qu'ils connaissent avec leur matériel. C'est bienvenue par les bands, mais pas tout le temps par les syndicats de travailleurs aux États-Unis, Qui reconnaissent quand même son ingéniosité. Pas surprenant que les États-Unis lui soient en même temps, tombés dans l'oeil, on reconnait vite son habileté dans la gestion des tournées. Quand il entend que les Yardbirds prévoient venir faire des spectacles aux États-Unis, il entre en contact avec leur gérant, Peter Grant. Qu'il avait croisé auparavant comme gérant du New Vaudeville Band.
Ce dernier l'invite à joindre son équipe. Grant l'engage en lui apprenant sa philosophie du "no-nonsense" agressif. Il lui fait comprendre que le mot "can't" (ne peut pas) ne fait pas partie du vocabulaire de l'entourage.Deux taureaux qui se reconnaissent.
De mars 1968 à juillet de la même année, Cole est le gérant de tournée de la dernière tournée des Yardbirds, aux États-Unis. Il se lie vite d'amitié avec l'as guitariste Jimmy Page. Pendant cet été, les Yardbirds se séparent. Le chanteur Keith Relf et la batteur Jim McCarty veulent présenter du matériel plus folk, plus près du style des Byrds, tandis que Jimmy Page cherche à créer plus rock et plus lourd. Malgré les fractures internes, on fera la tournée au complet, mais à la fin. on est plus un band.
Cette tournée est un véritable laboratoire d'expériences de Page sur scène qui seront des esquisses de matériel pour son futur band. Page joue de l'arche de violon sur ses guitares pour les premières fois. Il fait aussi sa version retravaillée de Dazed & Confused de Jake Holmes pour la première fois. Une première version de Tangerine est aussi présentée sur scène. C'est un habitude de Page d'utilise la scène comme laboratoire. Parfois trop souvent. Égarant les repères de ses acolytes.Page cherche tout de suite à reformer un nouveau band. Grant restera son gérant. Et ce dernier réengage tout de suite Cole pour en faire son directeur des opérations des affaires du groupe qui n'a pas encore de nom.
On parle des New Yardbirds. Mais on a seulement Jimmy Page comme membre.
Après le concert d'adieu des Yardbirds, le 7 juillet 1968, en Angleterre, Grant et Cole se retrouvent face à un défi de taille. Chris Dreja, bassiste, hésite encore à poursuivre sa carrière musicale. L'horloge tourne. Grant a déjà validé une série de contrats lucratifs pour une tournée scandinave prévue à l'automne 1968. Pour honorer ses engagements et éviter des poursuites financières désastreuses, le trio Grant/Page/Cole doit impérativement maintenir le nom Yardbirds en vie. Ils seront les New Yardbirds. Chris Dreja prendra leur première photo de groupe. Qui n'aura pas le même nom.
Il est temps de reconstruire autour de la guitare de Jimmy Page. C'est dans ce climat de haute tension que l'appel de John Paul Jones est vite bien accueilli pour qu'il soit bassiste auprès de Page. La méthode Grant/Cole prend tout son sens quand Grant verrouille tous les aspects légaux et financiers à Londres, tandis que Cole utilise son réseau aux États-Unis et en Europe pour préparer la logistique d'un groupe qui n'existe pas encore.Les deux hommes forment un rempart managérial inédit dans l'histoire du rock, protégeant Page des distractions extérieures. Libéré des contingences matérielles par la redoutable efficacité de Cole, le guitariste peut s'enfermer dans son studio de Pangbourne pour peaufiner ses arrangements et définir l'esthétique sonore lourde et saturée qui s'apprête à redéfinir la musique moderne. Reste à trouver un chanteur, et on le trouve, un jeune blondinet, ancien chanteur de la formation Band of Joy. Et ce dernier propose son ami John pour la batterie. Avec lequel il a déjà bossé par le passé. Mais surtout, qui est aussi archi doué.
Et un maudit bon buddy.
Ce que Grant et Cole sont sur le point de découvrir à leur tour.
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