samedi 15 août 2026

I

Si Led Zeppelin choisit de signer avec Atlantic au lieu de Columbia, c'est parce que cette étiquette a sous contrat des artistes qu'ils adorent en Vanilla Fudge, Cream, Iron Butterfly. Ray Charles, Aretha Franklin, John Coltrane. Le contrat qu'ils viennent de signer est majeur. Robert Plant et John Bonham n'ont jamais gagné plus qu'entre 25 et 40 livres sterling par semaine, c'est autour de 75 $ canadiens de nos jours. Ils ont maintenant une avance de 143 000 $ chacun, plus 77 000$ de frais soit 220 000$ x4. Jamais un groupe n'ayant encore rien offert n'obtient autant (alors). 

Quand Glyn Johns, qui avaient travaillé avec les Beatles, les Stones, les Small Faces, les Pretty Things, éventuellement The Who, accepte d'être ingénieur au son pour eux pour leur premier disque, il le fait par amitié pour Jimmy Page et John Paul Jones qu'il connaissait comme musiciens de session. Il aura la tâche la plus facile, car les gars ont tant joué les morceaux ensemble sur scène, on enregistre le tout en seulement 36 heures sur quelques semaines de septembre et octobre 1968. Johns n'a qu'à appuyer le bouton d'enregistrement ou presque Page est archi méticuleux en studio. C'est Page qui sera crédité comme unique producteur, Johns n'étant pour lui qu'une police d'assurance sur ce qu'il fait. Un validateur ou son contraire. Et son spécialiste du son pour le premier album sans nom.  

9 chansons sont mises en boîte. 

4 sont officiellement, des reprises. On reprend à sa manière un morceau d'Anne Bredon, chanté par son amie Joan Baez, qu'on pense "traditionnelle". Donc libre de droits d'auteurs. Elle sera co-créditée avec le temps. On reprend You Shook Me de Willie Dixon et J.B.Lenoir et I Can't Quit You Baby, de Dixon. On s'inspire aussi d'un morceau de Jake Holmes qu'on mettra plus de temps encore à co-créditer un jour pour un titre tout à fait psychédélique, dont le titre sera même honoré dans un film phare des années 90. Et on pourrait aussi soutenir qu'on s'inspire largement d'un morceau chantée par Ann Briggs, qui lui, était signé Bert Jansch, pour un 5e morceau. On insuffle une énergie nouvelle avec 4 "réelles" créations personnelles, faites à 4.

Mais encore...

Une de ces créations sera très lourdement inspirée de Howlin' Wolf et Albert King, Plant reprenant même quelques paroles de ce dernier morceau, à la fin. Ce sera fréquent avec Led Zep. L'emprunt/larcin. 

Au final, ce seront trois vrais morceaux originaux qui seront présentés

 Du blues-rock, une urgence nouvelle et encore inconnue, on qualifiera avec le temps de hard rock. Une batterie souvent en parallèle de ce qui est joué et non en soutien seulement. On semble être moins successeurs des Bluebreakers de John Mayall, de Savoy Brown, Chicken Sack, Ten Years After ou encore dans la lignée des Rolling Stones. On est plus dans la sauce Cream, qui vient tout juste de se séparer

On les qualifie de promoteurs d'un nouveau genre quand l'album est lancé en janvier 1969. Le hard rock. Qui fera naître très bientôt les Black Sabbath et Deep Purple. Avant la sortie de l'album le nom de Led Zeppelin ne circule pas encore facilement. On les présente encore quelques fois, par erreur, sur scène, et on les annonce encore comme les New Yardbirds.  Fin 1968, on les refuse même quand on dit qu'on est Led Zeppelin, ce qui donne l'impression d'un nouveau band sur lequel on ne veut rien risquer. La réception du disque sera lente. Peter Grant refuse d'abord de lancer un single. Un album coûte plus cher. C'est donc plus de revenus. Et il veut que les gens vivent l'expérience complète de ses artistes, pas seulement des bribes. Il attendra deux mois avant de lancer enfin un single. Parce qu'on insiste. Une création du band avec un autre création du band en Face B. Des vraies celle-là.  On ne prend pas de risque avec les potentielles poursuites d'emprunts plus ou moins payés. Lancé en janvier, ce n'est pas avant mars, avec le single, que les premières critiques intéressées sont signées. On dit même que vers la première minute 30, du premier morceau, du single justement, Page fait des choses à la guitare qui sont exceptionnelles dans le milieu de la musique. La critique est épatée. Les ventes suivront. 6e au Royaume-Uni, 10e au États-Unis, 11e au Canada, mais #1 en Australie et en Espagne. Y a écho. Atlantic est déjà fiers de ses poulains. Jimmy Page a la liberté artistique de choisir les pochettes. Il existera, avec le temps, 9 versions de couverture de ce premier album, représentant l'écrasement du dirigeable LZ129 Hindenburg, à Lakehurst, au New Jersey, en mai 1937

Deux chansons ne seront pas retenues. Un hommage à un morceau de Bert Berns, co-auteur de Twist & Shout, ami musicien décédé du coeur à seulement 38 ans le 30 décembre 1967, et une sorte de "I'm Just a Gigolo" au féminin de 2:50, signé Page/Plant

On a tout fait ça en trois sessions de studio seulement. Si bien que quand l'album est lancé, du nouveau matériel est déjà largement en route depuis fin décembre. Composé ensemble et pratiqué.

Led Zeppelin I, avec le temps, vendra plus de 13 millions de fois dans le monde. Est encore de nos jours reconnu comme l'un des meilleurs premiers efforts d'artistes sur album jamais présenté au public.

Entre le 26 décembre 1968 et le 15 février 1969, on a pris conscience que ce qu'on faisait sur scène électrifiait la foule. À San Francisco, on joue beaucoup des morceaux du premier album. C'est l'avantage de ne pas lancer de singles. Laissons les stations explorez l'ensemble et choisir ce qu'ils jugent bon pour leur radio et leur auditoire. Les deux #1 dans les ventes d'albums excitent Atlantic qui mettra de la pression sur Grant pour un nouvel album dès l'été 1969, même si le band est en tournée en Europe, en Scandinavie, comme aux États-Unis et au Canada.

On cuisine la recette métal lourd.

Peu à peu, on savoure.         

samedi 8 août 2026

John Henry Bonham

Né le 31 mai 1968, à Redditch, Worcestershire, 2 ans plus tard, il aura un petit frère, Mick, qui sera disc-jockey, auteur et photographe. Il est, enfant, hyperactif. :Pour le calmer, on le laisse se bâtir un kit de batterie avec boite de café et plat de plastiques renversés. Dès ses 5 ans. Il aime imiter ses idoles Max Roach, Gene Krupa, Buddy Rich. Sa mère lui achète une caisse claire quand il a 10 ans.  Il reçoit son premier kit de batterie quand il a 15 ans. Il ne prendra jamais de cours. Mais prends tous les conseils des batteurs de son quartier, Redditch. Quand il entre à l'école secondaire, une soeur nait dans sa famille. Elle sera chanteuse de blues, adulte. Il joint le Blue Star Trio et Gerry & The Avengers. 

À l'école un enseignant note pour ses parents qu'il sera un jour vidangeur ou millionnaire. C'est tout ou rien avec lui. À 16 ans, il quitte les bancs d'école pour travailler comme charpentier avec son père. Il joint cette année-là Terry Webb & the Spiders. Il rencontre sa femme future, Pat Phillips. Il sera des groupes The Nicky James Movement, puis The Senators. Ces derniers ont au moins, un single.  Quand le groupe se sépare, il joint A Way of Life. Puis The Crawling King Snakes où il fait la connaissance du chanteur Robert Plant avec lequel il se lie vite d'amitié. Plant a une sensibilité que Bonham n'a pas. John a du front comme Robert n'en a pas. On se complète pleinement. On aime les mêmes choses. En 1967, quand le groupe se sépare, Bonham retourne pour Aw Way of Life quand Plant fonde Band of Joy. Mais Plant le veut pour Band of Joy. Il revient auprès de lui. On fait une intéressante tournée en première partie de l'Étatsunien Tim Rose, en Angleterre. Quand Rose revient quelques mois plus tard, Bonham est littéralement le batteur de sa tournée. 

Jimmy Page a un bassiste/multinstrumentiste/producteur en John Paul Jones, un chanteur en Robert Plant, il aura besoin d'un batteur. Il aimerait avoir B.J. Wilson de Procol Harum. Ou un batteur nommé Paul Françis. Plant a suggéré Bonham. Jimmy Page et Peter Grant vont le voir jouer en spectacle avec Tim Rose. Ils sont épatés. Plant lui a demandé 8 fois de joindre leur trio. Peter Grant le fera 40 fois. Bonham n'est pas certain. Il se terrent au bar de son oncle, Le Three Men in a Boat's Club, où il rassasie sa soif pour pas cher. Les choses vont bien avec Rose. Il reçoit aussi des offres plus lucratives, au même moment de Joe Cocker et de Chris Farlowe. Mais il aime beaucoup Robert Plant. Et dit préférer la musique des Yardbirds que celle de Cocker ou Farlowe. Il rappellera Grant pour lui dire qu'il ira pratiquer avec eux. Il y a urgence, à l'été 1968, de pratiquer pour jouer sur scène dès l'automne. 6 dates ont dû être annulées. Ils ne le feront que 15 heures ensemble. Avant la tournée.

Le 19 août 1968, tout le monde joue ensemble. Officiellement sous le nom des New Yardbirds. Sous les conseils de Peter Grant, on a fondé la Superhype Company Ltd afin de s'assurer la totale liberté créative à l'égard d'éventuels producteurs. Grant sera immense physiquement, mais extraordinairement important pour les artistes et la protection de leur matériel. Page leur apprend une chanson des Yardbirds. Sonoriquement, ça explose ensemble. On comprend que ça devrait marcher.

Sous le nom des New Yardbirds, on fera 8 spectacles en Scandinavie ensemble. On y jouera Train Kept a Rollin', I Can Quit You Baby, Dazed & Confused, White Summer, Communication Breakdown, For Your Love, You Shook Me, Babe, I'm Gonna Leave You, As Long As I Have You et How Many More Times. Dans la foulée, trois derniers concerts sont aussi au programme et honorés, au Mayfair de Newcastle, au Marquee de Londres et à la Liverpool University.  

Quand Bonham joue, il le fait avec une puissance brute qui groove. Il frappe sa batterie très fort avec de grosses baguettes, mais conserve une remarquable précision. Son son est lourd, chaud, naturel, grâce à une grande caisse claire et un accordage bas. Il aime jouer avec le silence et l'espace. Ses rythmes sont lourds et ancré dans le blues, mais ils bougent avec une liberté incroyable. Il utilise ses pieds sur une seule pédale de grosse caisse claire avec une vitesse et un contrôle magiques. Ce qui donne l'effet d'une double pédale. Il joue parfois avec ses mains à la place des baguettes pour créer des sons différents et captiver le public. Chaque note a un poids. Il ne cherche pas à faire le plus de bruit possible, mais à donner une âme à chaque mesure. 

Pas pour rien que quand Keith Moon, un autre excité de la batterie, mais avec la formation The Who, les entends pratiquer et leur dit que le projet lèvera comme un Lead Zeppelin. Un dirigeable de plomb. 

On retient le nom. Avec une légère altération, tout se bousculera comme un tourbillon.

Comme un solo de batterie de John Bohnam. 

Avant même d'avoir un contrat de disques, 9 chansons sont enregistrées en studio. 

Quand Peter Grant s'assoie avec le directeur de Columbia, sous lesquels les New Yardbirds étaient signés, ce dernier est sous l'impression que Led Zeppelin sera sous leur étiquette. Mais Grant lui confirme qu'ils ont signé avec Jeff Wexler, chez Atlantic Records. Ça rendra le boss de Columbia furieux. Mais Page n'avait pas signé de contrat d'exclusivité avec Columbia. 

Avec Atlantic, on signe 5 ans. Le 23 novembre 1968. 220 000 $ par année, la plus grosse somme jamais accordée à un band. Qui n'a en plus, rien prouvé complètement encore. 

John Bonham trouve parfait complice en Richard Cole, avec lequel il formera le duo des pires coups pendable possibles. 

Peter Grant devient tranquillement, géant pour ses artistes.

Le 9 novembre, Robert Plant, 20 ans, épouse sa partenaire Maureen. 

C'est le début d'une magnifique aventure.    

samedi 1 août 2026

Robert Anthony Plant

Robert Anthony Plant naît le 20 août 1948 à West Bronwich, en Angleterre et grandit à Kidderminster, dans le Worcestershire. 8 jours avant ma mère. Son père, ingénieur civil et sa mère l'élèvent dans un environnement stable Il aura une petite soeur née plusieurs années après lui. Le jeune Robert développe une obsession pour des horizons lointains. Dès son plus jeune âge, il est fasciné par la musique qui traverse l'Atlantique. Le rock'n roll d'Elvis Presley le marque profondément, mais c'est la découverte du blues authentique qui bouleverse sa trajectoire. 

Adolescent, il passe ses soirées caché sous ses draps, l'oreille collée à un poste de radio calibré sur les fréquences de Radio Luxembourg ou de l'American Forces Network. Il y découvre des artistes légendaires comme Muddy Waters, Howlin' Wolf, Robert Johnson, et plus tard, l'intensité de Willie Dixon ou Otis Rush. Pour le jeune Anglais, cette musique d'humains à la peau noire en provenance des États-Unis n'est pas un simple divertissement. C'est une révélation spirituelle, une force brute qui contraste radicalement avec la grisaille industrielle du Black Country. 

Il y aura rupture familiale. Ses parents tiennent à en faire un expert-comptable. Mais Plant ne pense qu'à la musique. À 16 ans, il rompt avec ses proches. Il abandonne ses études pour se consacrer entièrement à la musique. Cette période sera marquée par une grande précarité. Mais c'est 1964, les Beatles arrivent, les Rolling Stones aussi, un vent nouveau souffle sur le monde musical.

 Pour survivre et financer sa passion, il enchaine les petits boulots, travaillant notamment pour la multinationale de construction Wimpey, à Birmingham, ou encore comme poseur de bitume. 

Parallèlement, il commence à hanter les clubs de la région des Midlands, un vivier musical en pleine ébullition. Sa présence scénique commence à se sculpter. Grand, doté d'une tignasse bouclée et d'une assurance parfois provocante, il ne passe pas inaperçu. Les jeunes femmes s'intéressent beaucoup à ce jeune ange bouclée à la voix puissante. Son premier groupe sérieux sera The Crawling King Snakes, vers 1965. C'est au sein de cette formation qu'il fait le rencontre majeure du batteur John Bonham qui devient vite son meilleur ami. Bonham n'a aucune inhibition, ce qui motive Plant à faire tomber les siennes. Le band est orienté vers le blues. Plant et Bonham partagent la même passion pour le rythme lourd et la puissance sonore, développant une complicité musicale qui s'avérera décisive pour la suite de leur existence. 

L'errance musicale et les tentatives en solo seront intenses. Entre 1966 et 1967, Plant joue les chaises musicales. Il quitte les Crawling King Snakes pour rejoindre les Black Snake Moan. Puis devient le chanteur de Listen. Avec ce groupe, Plant enregistre son premier single sur disque. Et la reprise de la formation The Young Rascals. Sur CBS Records. Bien que les singles démontrent déjà le potentiel vocal de Plant, les morceaux passent complètement inaperçus auprès du grand public. 

CBS tente alors de lancer Robert Plant en artiste solo. En 1967, il lance un autre single. Ce morceau teinté de soul et de pop orchestral ne correspond pas du tout aux aspirations profondes du chanteur. Plant se sent à l'étroit dans ce costume de jeune blondinet de la pop de variétés. Le matériel est un échec commercial répété, cuisant. laissant l'artiste dans une situation financière de plus en plus difficile. 

Déçu par ses expériences solo, Plant décide de revenir à ses racines collectives et recrute son copain John Bonham au sein de Band of Joy, où il serait le chanteur. Laboratoire expérimental de Plant. Influencé par la scène psychédélique émergente de la côte Ouest des États-Unis, notamment Love, Moby Grape, et Buffalo Springfield, Band of Joy mélange le blues rock avec des improvisations acides et des sonorités folk.

Le groupe acquiert une solide réputation scénique dans les Midlands et s'aventure jusqu'à Londres. Plant y peaufine son jeu de scène, ses cris perçants inspirés de Janis Joplin et sa façon unique de dialoguer avec les instruments. Cependant malgré l'engouement des connaisseurs, Band of Joy ne parvient pas à décrocher des engagements d'importance et des contrats solides d'enregistrement. Les tensions internes et le manque d'argent finissent par faire imploser la formation au printemps 1968. À cette époque, Plant commence à désespérer de percer un jour dans l'industrie musicale. Mais il n'a pas encore 20 ans. Il se produit alors brièvement au sein du groupe de blues régional Obs-Tweedle.

Pendant de temps, à Londres, le guitariste virtuose Jimmy Page se retrouve seul à la barre des Yardibrds, après les départs successifs de tous les membres du groupe. Page doit impérativement monter les New Yardbirds pour honorer les obligations contractuelles du nom Yardbirds. Il cherche un chanteur au magnétisme exceptionnel, capable de porter ses nouvelles visions musicales d'un blues lourd électrique et avant -gardiste. 

Sur les conseils de Terry Reid, à qui il propose le rôle en premier, et secondé du flair du gérant Peter Grant, Jimmy Page est envoyé voir Obs-Tweedle en spectacle, en juillet 1968, sur la scène d'une école de formation des enseignants, à West Bromwich. Plant y fera une féroce version de Somebody to Love de Jefferson Airplane. Page est immédiatement subjugué par la puissance brute, la tessiture et l'émotion qui se dégagent de la voix de Plant. Il racontera plus tard qu'il ne comprenait pas comment un tel talent pouvait encore être inconnu du grand public.

Page l'invite a passer quelques jours dans sa maison de briques rouges à Pangbourne, au bord de la Tamise. C'est un moment charnière. Les deux hommes passent des heures à écouter leurs collections de disques, à se faire découvrir des choses, à comparer leurs acquis. Blues, folk et même musique indienne. Ils se découvrent une symbiose artistique immédiate. Plant apporte sa connaissance encyclopédique du blues tandis que Page apporte sa rigueur de musicien de studio et son sens de la production. 

Pour compléter la formation, Plant suggère tout de suite, John Bonham.

"Vous voulez lourd ? je vous amène lourd. "

La balloune gonfle. 

Solidement.

On part pour la Scandinavie.      

samedi 25 juillet 2026

Richard Cole

Richard Cole est né dans une banlieue du Nord de Londres, Kensal Rise, en septembre 1946 d'un père architecte travaillant sur les design de la voiture Rolls-Royce, et aussi sur les design d'avions pendant la Seconde Guerre Mondiale. Maman est mère au foyer. Quand Richard a 12 ans, il découvre Elvis Presley et les Everly Brothers et sa vie change. Il quitte l'école dès ses 15 ans pour travailler à temps plein dans une usine de produits laitiers. Il amasse les sous afin de s'acheter un kit de batterie. Ce qu'il fera en pratiquant écoutant Buddy Rich et Gene Kupra et tentant de les imiter. 

Peu payé, il doit combiner deux emplois, travailleur dans une usine de production de feuilles de métal et travaillant dans la construction. Ces emplois lui inculquent la résistance à la dureté physique et lui développe une attitude tranchante. Il se découvre très intéressé par le monde la mode. Au point de penser devenir designer de mode lui-même. Il dira avoir contribué à ce que portaient Ringo Starr et John Lennon, ainsi que d'avoir participé au design de Klaus Voorman pour la pochette des Beatles, Revolver, en 1965.

C'est cette année-là, à 19 ans, que Cole fait la rencontre de Richard Green, journaliste du Record Mirror au Marquee Club. Ce dernier lui fait rencontrer John Barker, gérant du band Unit 4 +2. Pour un potentiel poste de gérant de tournée. Barker l'engage et il fait tout de suite un travail remarquable. Il est si impressionnant dans sa débrouillardise que la même année, il est gérant de tournée pour la formation The Who. Et l'année suivante pour The New Vaudeville Band. Pour The Who, il facilite les rencontres avec les groupies, ce qui le rend très populaire auprès du band et de l'industrie. Toujours pour The Who, il sera chauffeur pour Keith Moon et John Entwistle jusqu'à ce que son permis soit révoqué pour multiples excès de vitesse. 

En 1967, il voit grand et déménage aux États-Unis,

Il y travaille pour Vanilla Fudge comme ingénieur musical. Cole est l'un des premiers Anglais à organiser des tournées aux États-Unis avec succès, et ça se remarque partout. Il se fait vite un nom. Au lieu de se rendre aux États-Unis et de prendre les équipes de là-bas, il forme ses gens chez lui, en Angleterre, et les importe avec lui aux États-Unis où ils sont si professionnels et déjà bien organisés ensemble. Ils opèrent très efficacement. Plus souvent, il importe seulement l'équipement des groupes et forment les équipes des États-Unis sur l'équipement des bands. À la satisfaction de groupes qui retrouvent le son qu'ils connaissent avec leur matériel. C'est bienvenue par les bands, mais pas tout le temps par les syndicats de travailleurs aux États-Unis, Qui reconnaissent quand même son ingéniosité. Pas surprenant que les États-Unis lui soient en même temps, tombés dans l'oeil, on reconnait vite son habileté dans la gestion des tournées. Quand il entend que les Yardbirds prévoient venir faire des spectacles aux États-Unis, il entre en contact avec leur gérant, Peter Grant. Qu'il avait croisé auparavant comme gérant du New Vaudeville Band. 

Ce dernier l'invite à joindre son équipe. Grant l'engage en lui apprenant sa philosophie du "no-nonsense" agressif. Il lui fait comprendre que le mot "can't"  (ne peut pas) ne fait pas partie du vocabulaire de l'entourage. 

Deux taureaux qui se reconnaissent.

De mars 1968 à juillet de la même année, Cole est le gérant de tournée de la dernière tournée des Yardbirds, aux États-Unis. Il se lie vite d'amitié avec l'as guitariste Jimmy Page. Pendant cet été, les Yardbirds se séparent. Le chanteur Keith Relf et la batteur Jim McCarty veulent présenter du matériel plus folk, plus près du style des Byrds, tandis que Jimmy Page cherche à créer plus rock et plus lourd. Malgré les fractures internes, on fera la tournée au complet, mais à la fin. on est plus un band. 

Cette tournée est un véritable laboratoire d'expériences de Page sur scène qui seront des esquisses de matériel pour son futur band. Page joue de l'arche de violon sur ses guitares pour les premières fois. Il fait aussi sa version retravaillée de Dazed & Confused de Jake Holmes pour la première fois. Une première version de Tangerine est aussi présentée sur scène. C'est un habitude de Page d'utilise la scène comme laboratoire. Parfois trop souvent. Égarant les repères de ses acolytes.

Page cherche tout de suite à reformer un nouveau band. Grant restera son gérant. Et ce dernier réengage tout de suite Cole pour en faire son directeur des opérations des affaires du groupe qui n'a pas encore de nom. 

On parle des New Yardbirds. Mais on a seulement Jimmy Page comme membre.  

Après le concert d'adieu des Yardbirds, le 7 juillet 1968, en Angleterre, Grant et Cole se retrouvent face à un défi de taille. Chris Dreja, bassiste, hésite encore à poursuivre sa carrière musicale. L'horloge tourne. Grant a déjà validé une série de contrats lucratifs pour une tournée scandinave prévue à l'automne 1968. Pour honorer ses engagements et éviter des poursuites financières désastreuses, le trio Grant/Page/Cole doit impérativement maintenir le nom Yardbirds en vie.  Ils seront les New Yardbirds. Chris Dreja prendra leur première photo de groupe. Qui n'aura pas le même nom. 

Il est temps de reconstruire autour de la guitare de Jimmy Page. C'est dans ce climat de haute tension que l'appel de John Paul Jones est vite bien accueilli pour qu'il soit bassiste auprès de Page. La méthode Grant/Cole prend tout son sens quand Grant verrouille tous les aspects légaux et financiers à Londres, tandis que Cole utilise son réseau aux États-Unis et en Europe pour préparer la logistique d'un groupe qui n'existe pas encore. 


Les deux hommes forment un rempart managérial inédit dans l'histoire du rock, protégeant Page des distractions extérieures. Libéré des contingences matérielles par la redoutable efficacité de Cole, le guitariste peut s'enfermer dans son studio de Pangbourne pour peaufiner ses arrangements et définir l'esthétique sonore lourde et saturée qui s'apprête à redéfinir la musique moderne. 

Reste à trouver un chanteur, et on le trouve, un jeune blondinet, ancien chanteur de la formation Band of Joy. Et ce dernier propose son ami John pour la batterie. Avec lequel il a déjà bossé par le passé. Mais surtout, qui est aussi archi doué.

Et un maudit bon buddy.

Ce que Grant et Cole sont sur le point de découvrir à leur tour. 

samedi 18 juillet 2026

John Baldwin

John est né à Sidcup, alors banlieue de Kent, le 3 janvier 1946, en Angleterre en reconstruction post Seconde Guerre Mondiale. Il commence à jouer au piano dès ses 6 ans. Apprenant de son propre père, Joe, pianiste et arrangeur pour les big bands des années 40 et 50. Notamment Ambrose & His Orchestra. Maman est aussi dans l'industrie de la musique alors John nage dans les harmonies musicales. On fait même partie de tournées de vaudeville, y faisant des numéros musicaux comiques. On s'inspire du blues de Big Bill Broonzy et du jazz de Charles Mingus. Mais on ne néglige pas non plus les adaptations au piano qu'il fait de Sergei Rachmaninov. Très tôt, il est exposé à plusieurs styles de musique qui ne font qu'ouvrir ses paysages créatifs mentaux. Comme ses parents sont souvent en tournée, il est envoyé en pensionnat à l'école. 

Où il ne lâchera aucunement la msuique.

Il y étudiera formellement celle-ci, puisque élevé dedans. À 14 ans, il devient même le chef de la chorale. Et l'organiste de l'église locale. Il achète à 15 ans sa première guitare, une Dallas Tuxedo électrique. Puis l'échange quelques années afin d'obtenir une basse Fender Jazz à 16 ans. Il gardera la même jusqu'à ses 30 ans. Il dira avoir été inspiré de devenir bassiste après avoir entendu Phil Upchurch, musicien de Chicago sur un de ses morceaux, briller à l'instrument. Adolescent, il joint le band The Deltas. Puis The Jet Blacks, un band de jeunes de Londres qui comprend entre autre l'as guitariste John McLaughlin

C'est aussi adolescent, à 17 ans, qu'il est alors recruté pour accompagner Jet Harris, en studio. Et Tony Meehan et son groupe The Shadows. Jusqu'à ses 19 ans. Tout juste avant qu'il ne se joigne à eux, The Shadows a un succès important sur lequel joue aussi un autre ado, aussi musicien de sesssion. Du nom de Jimmy Page. En octobre 1963, le bassiste des Shadows Brian Locking quitte le band. On discute de la possibilité de le remplacer par John, mais finalement on choisira John Rostill à la place. 

En juin 1964, étant enregistré sur un premier single instrumental signé Lee Hazlewood, il choisit de changer de nom quand Andrew Loog Oldham, qui produit le morceau, lui fait remarquer que Baldwin n'a pas grande envergure. Il choisit donc le mien  JONES. C'est Oldham qui lui suggère en regardant l'affiche du film John Paul Jones sur le mur, film racontant la vie d'un éminent révolutionnaire Étatsunien, héros de la marine. John Paul Jones

À 18 ans, il est musicien de session pour Decca Records. Capable de jouer des guitares et des claviers. Jusqu'en 1968, il sera de centaines d'enregistrements entre 1962 et 1968. Il sera de I'm Into Something Good d'Herman's Hermits. Studieux, il se développe des talents d'arrangeurs. Qu'il fera entre autres, aux cordes, sur un morceau des Rolling Stones, en mai 1967.  Il produira un album d'Herman's Hermits. Une trame sonore. Il fera les arrangements pour un morceau important d'un jeune Cat Stevens. Travaille pour Françoise Hardy et fait des sessions avec Nico pour son premier album solo. Mickie Most, producteur, est si impressionné par son travail avec Donovan, qu'il se réserve John pour lui tout seul sur certains projets. Il retravaillera avec Donovan, satisfait aussi. Il travaille avec Jeff Beck, où il croise à nouveau Jimmy Page. Retravaille avec Cat Stevems. Sera d'un album de Beck, avec Rod Stewart à la voix. Il travaille pour Lulu et pour Tom Jones, deux fois, et The Walker Brothers. Terry Reid et Wayne Fontana. Ironiquement Jimmy Page avait aussi joué sur un morceau de Tom Jones, en 1964

Il travaille avec Rod Stewart, Shirley Bassey, avec Dusty Sprinfield qu'il accompagne aussi en tournée, à la basse. Quand il enregistre à Abbey Road, pour le film de James Bond, pour Shirley Bassey. s'y trouve aussi Jimmy Page, encore, qui fait de la guitare acoustique pour John Barry, responsable de la trame sonore du film. Il travaille tant, et sur tant de projets qu'il ne se rappelle pas tout. Mais Jimmy Page, qui n'a que 2 ans de plus que lui, a aussi le même type de d'horaire. Un autre point en commun entre les deux. 

On se croise partout, surtout en studio. Alors quand Jeff Beck et Jimmy Page pensent monter leur supergroupe avec Keith Moon à la batterie, et que John Entwistle, reste fidèle à The Who, John Paul Jones, un homme discret, s'impose quand même naturellement à la base. Jones a participé à l'album Litttle Games des Yardbirds. Il est donc aussi entré en contact avec Peter Grant, leur nouveau gérant. Grant est tout ce qu'il y a de plus bulldog, là où Jones est plus tranquille. Professionnalisme et discrétaion totale. Studieux. Grant est plus rustre. Brouillon. Agressif. Imposant. 

Jimmy Page reconnait vite le génie musical de celui qu'il croise partout. Quand Page veut monter son groupe, il se cherche un arrangeur et travaille alors sur l'album de Donovan, sur lequel Jones est en train de justement travailler. Les deux, encore coincés dans le même studio s'entendent. 

Ne serais-ce que pour se sortir du train d'enfer qu'ils mènent les amenant près de l'épuisement professionnel.   

The New Yardbirds. On doit aller en Scandinavie sous ce nom. C'était un engagement qu'on avait avec Grant. Mais on a plus de chanteur ni de batteur. Jones suggère Terry Reid pour la voix. Qui lui, suggère à la place le chanteur de la formation Band Of Joy. Un ado de 19 ans aux cheveux bouclés. Mais à la puissance vocale étonnante. 

Personne ne se doute encore que Jones & Page échangent un style de vie effréné...pour un autre...

Mais cette fois, ce qu'il croient être une porte de sortie vers plus de liberté va se transformer en un tourbillon planétaire sans précédent. En acceptant de suivre Page, le tranquille et sage John Paul Jones ne quitte pas le surmenage ; il entre dans la légende. L'adolescent de Sidcup qui traduisait Rachmaninov au piano et qui courait d'un studio à l'autre pour Shirley Bassey ou Tom Jones, est désormais mûr. 

La machine est en place, les visages changent, et les New Yardbirds ont deux nouveau poilus pour les accompagner en Scandinavie. 
Ils s'apprêtent à réécrire l'histoire du rock sous un nom qui fera trembler les tympans du monde entier.

On répète ensemble seulement deux semaines, avant le décollage d'un Zeppelin hors de l'ordinaire. 

samedi 11 juillet 2026

Peter Grant

Né dans la banlieue de South Norwood dans le South London, en 1935, Peter est élevé par sa mère, ne sachant rien de son père, qui serait probablement un soldat Canadien de passage en Angleterre. Qui ne savait peut-être pas qu'il était père. Peter aura une nature de "protecteur" toute sa vie. Il est grand, et fils unique, il ne se fait jamais dire non à table, il est donc aussi physiquement imposant de surpoids. 

Il débute son école primaire, mais sa graduation doit avoir lieue pendant la Guerre, où l'Angleterre doit cesser toute activité autre que l'effort de guerre ou sinon, évacuée. À 13 ans, il en reviendra jamais à l'école. Il se déniche un emploi dans une usine de plaque de métal, puis assez rapidement, devient coursier de photos pour l'agence Reuters. Il se découvre attiré par le milieu du divertissement.  Il travaille comme aide au théâtre du Croydon Empire Theater, jusqu'à ses 18 ans, où il est alors appelé à faire son obligatoire service militaire, et atteindra le rang de Caporal, avant d'être démobilisé.      

Il travaille alors brièvement comme agent de divertissement dans un hôtel de Jersey, toujours en Angleterre, et vu ses 6'5 et ses 300 livres est alors en engagé comme portier au 2i's Coffee Bar où s'y produisent alors, Cliff Richards, Adam Faith, Tommy Steele et toute sortes d'artistes musicaux qui lui donnent l'envie de la musique et de la scène. Le co-propriétaire du bar est le lutteur Paul Lincon. Il trouve Grant coloré et, impressionné par son format, lui recommande son univers. Grant deviendra Count Massimo dans le monde la lutte et parfois Count Bruno Alassio de Milan. Ça le transforme en acteur.

Robert Morley
Il est engagé par les studios, entre 1958 et 1963. A Night To Remember, un membre d'équipage du Titanic. Joue dans The Guns of Navaronne, et un garde du palais dans Cleopatra. Il fait aussi de la télévision, jamais le rôle principal, mais accumule de précieux sous au travail. Il sera le double de l'acteur Robert Morley pendant un temps. Il a le sens des affaires et investit dans le transports pour les artistes. Les rôles devenant plus rare, il devient le moyen de transport pour le groupe de musique, The Shadows

À 28 ans, il est engagé par l'investisseur, agent et gérant de tournée, Don Arden, qui lui confie de la gérance de tournée pour Bo Diddley, The Everly Brothers, Little Richard, Brian Hyland, Chuck Berry, Gene Vincent ou The Animals. À 29 ans, il commence à être lui même gérant de bands, The Nashville Teens, She Trinity, un band exclusivement composé de femmes, The New Vaudeville Band, The Jeff Beck Group, Terry Reid, Stone the Crows

Jimmy Page est alors bassiste pour les Yardbirds, mais tout le monde sait qu'il est excellent guitariste. Page accepte de jouer de la basse le temps que la guitariste Chris Dreja apprenne à en jouer et lui cède sa place. Jeff Beck est l'autre guitariste. Beck et Page sont très amis. Quand Beck tombe malade, en tournée, Dreja passe à la base, et Page prend le rôle d'unique guitariste alors. Il est évident qu'il gardera ce rôle. Il est très habile. Pendant un temps, Beck et Page sont un redoutable tandem de guitares pour les Yardbirds. On compose même un morceau à trois, avec un certain John Paul Jones à la place de Chris Dreja, à la basse. L'autre face est  un morceau gardant la combinaison de Beck à la voix et à la guitare et Page à la basse

Michelangelo Antonioni les engage pour une scène de son chef d'oeuvre Blow Up. Ils ont la scène parce que The Who et The Velvet Underground manquent de flair et refuse le faire quand le grand Michelangelo leur demande. Antonioni demande à Beck de détruire sa guitare comme l'aurait fait Townshend à la fin du morceau. Trop amoureux des guitares, Beck détruira la plus cheap des Höfner. Peu de Beck/Page sera enregistré, sinon un jingle pour une publicité télé. Et Beck's Bolero.

C'est par Jeff Beck, et le gérant des Yardbirds Simon Napier-Bell, que Peter Grant se fait offrit le poste de gérant du groupe à sa place. Ils ne font jamais d'argent et Napier-Bell en a assez. Grant arrive trop tard pour garder le band unifié, mais lui servira beaucoup. Les Yardbirds n'ont pas de hits, mais jouent beaucoup sur les circuits collégiaux, et dans les milieux underground aux États-Unis. Il les programme au Fillmore de San Francisco et c'est un des premiers bands britannique à y jouer. 

Et soudainement...ils font de l'argent...

Grant n'accepte aucune bullshit. Est très direct. Et intimidant. Vous revirera verbalement comme une crêpe, si il sent que vous ne jouez pas franc jeu avec lui. Grant de vise désormais aucunement le top 40 et des singles, mais l'argent à faire, en tournée. Il s'assure, en tournée, que tous les coûts sont tenus à un minimum, et que tous les membres soient payés à temps. Il s'assure aussi que les artistes gardent le contrôle artistique de leur créations. Contrairement aux autres agents qui restaient loin des spectacles, Grant y est partout impliqué. Il tient toutes le ficelles, et l'artiste est la saint-graal. 

Un nouveau style de gérance se dessine. Et un homme aux allures d'ogre s'impose. 

À l'été 1968 les Yardbirds se séparent. Mais ils ont des engagements en Europe que Grant leur avait programmé. Il était entendu qu'ils jouent quelques spectacles, en Scandinavie. 

Jimmy recrute un ami qu'il côtoie depuis un temps en studio pour la base, il demande à Terry Reid d'être le chanteur. Ce dernier refuse. Mais propose à Grant d'aller voir le chanteur du groupe The Band of Joy. Ce dernier, lui parlera de son ami batteur de ses 2 derniers bands, dont Band of Joy, et on a un groupe pour faire la tournée en Scandinavie tel que par Peter Grant, promis.

Avec seulement 15 heures de pratiques ensemble, on est The New Yardbirds. En Scandinavie. Chris Dreja devait à l'origine rester à la basse, mais choisit de céder sa place, pour se consacrer à une nouvelle passion: La photographie.

C'est d'ailleurs lui qui va prendre la première photo du band pour le derrière de leur premier album.

Qui ne sera PAS sous le nom de The New Yardbirds. 

Entretemps, 4 jeunes hommes de 24 (JP), 22 (JPJ), 20 (JB) et 19 (RP) se sont trouvés.

Par Grant et Page, on a l'impression de tricoter du colossal ensemble.

Et on ne se trompe pas.  

Grant est au seuil d'un grand tremplin.

Et ne fera pas de flat. 

Prépare ce qu'il projette: de l'imposant.               

I

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